Triomphe du fanatisme et de l’intolérance?

Quelques années après la fatwa condamnant à mort Salman Rushdie, l’écrivain Taslima Nasreen dut quitter le Bangla Desh et séjourner en Suède, en Allemagne, aux États-Unis, entre autres pays d’exil. Son tort? Avoir mis en cause la condition de la femme prônée par les islamistes de son pays.

En septembre dernier, Taslima Nasreen revenait dans son pays pour rester auprès de sa mère mourante. Ses ennemis n’avaient pas désarmé: à plusieurs reprises, ils firent savoir qu’il pendraient leur compatriote si elle tombait entre leurs mains. De leur côté, les autorités lui enjoignirent de se rendre à la convocation que la justice, noyautée par les islamistes, allait lui envoyer. Chef d’accusation: blasphème. La Haute Cour mit l’écrivain en liberté provisoire sous caution. La police la surveilla tout en se déclarant incapable de garantir sa sécurité: elle figurait sur une liste noire saisie lors de l’arrestation d’un commando islamiste.

Message reçu. Taslima Nasreen s’est à nouveau exilée en Suède. Quand donc pourra-t-elle vivre normalement dans son pays?

Répétons-le inlassablement: seule une stricte séparation de la foi et de la loi garantit au citoyen la liberté de pensée et d’expression. Les ambiguïtés du gouvernement bengali le montrent à l’évidence: son incapacité à contenir le courant islamiste l’amène à com­poser avec lui, donc à s’en rendre complice. A l’instar du gouvernement indien, com­promis, lui, avec les extrémistes hindouistes.

Dénonçons sans relâche ni complaisance toutes les tentatives des intégristes de tous poils de conserver ou de reprendre le pouvoir politique que les théocraties, ou, pire, les démocraties aveuglées, leur accordent de plus en plus souvent.

 

Le comité de l’Association Suisse pour la Laïcité:

 

 

       Yves Scheller      François Truan         Claudio Bergamin       Christrophe  Genoud

       Président              Vice-président         Trésorier                      Secrétaire