Chers Laïques,

Il est encore difficile de savoir avec certitude si l'élection au pontificat romain, sous le nom de Benoît XVI, du cardinal Ratzinger, ancien responsable de la Congrégation pour la doctrine de la foi et ennemi acharné des principes laïques, est pour la laïcité une bonne ou une mauvaise chose.

Cela dépendra tout d'abord de nous et de nos concitoyens.

Il reste que cet événement révèle une régression des positions du catholicisme aux époques de l'Eglise la plus réactionnaire, et qu'il aura des conséquences auxquelles il convient de nous préparer sans tarder.

Vis-à-vis de l'Eglise catholique, et quels que soient les reclassements que cette élection ne manquera pas de causer en son sein, je crois devoir admettre que la seule configuration que nous puissions adopter est désormais celle de la ligne de bataille. La laïcité de combat, qui n'était jusqu'ici qu'une phase de notre histoire, retrouve son sens et devient à nouveau une nécessité. Il conviendra d'employer contre cette nouvelle forme de cléricalisme tous les moyens, même légaux.

Conformément à nos principes, nous agirons toujours dans le sens de la liberté absolue de conscience, et penserons d'abord fraternellement aux catholiques progressistes, auxquels il appartient maintenant de faire connaître et de défendre aussi clairement que possible les positions qu'ils choisiront d'adopter et les actions qu'ils choisiront de mener quant à la définition laïque de la citoyenneté, aux libertés publiques, et aux diverses formes de l'égalité, à commencer par celle des hommes et des femmes.

Vous connaissez mes réserves quant aux formules excessivement solennelles. Je me contenterais donc de vous dire une fois encore que je suis particulièrement heureux de me trouver à vos côtés pour les combats à venir.

A vous, cordialement et laïquement.

Yves Scheller

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