Bulletin de l'Association suisse pour la laïcité
Association Suisse
de la Laïcité
CP 27
1211 Genève 20
E-Mail: info@laicite.ch
Website: www.laicite.ch
C.C.P. 17-584485-0
Rédacteur responsable: François Truan
Les vertus qui ne respectent pas les limites fixées par la nature
humaine peuvent devenir inquiétantes, dangereuses et même se transformer
en défauts. C'est le cas de la tolérance, de la compréhension
et de l'amour universel qui présument trop facilement de leurs forces,
en théorie.
La tolérance sans bornes (l'indulgence) devient carrément un délit,
lorsqu'elle est pratiquée vis-à-vis de l'intolérance.
La compréhension devient dangereuse quand elle dégénère
en un vulgaire laisser-aller.
Et l'amour universel poussé jusqu'à ses ultimes conséquences
a des effets carrément meurtriers.
Arthur Schnitzler, la Transparence impossible
Table des matières
|
1. Viol à Voile |
p. 2 |
| 2. Dévoiler l'intégrisme | p. 3 |
| 3. Prises de positions | p. 8 |
La laïcité n'est pas
antireligieuse. Elle n'a qu'un seul dogme: la plus grande liberté possible
pour chacun. Une seule vérité d'expérience à défendre:
la coexistence pacifique de tous vaut mieux et plus que la domination de quelques-uns.
Vivre ensemble est plus important, en somme, que vivre entre soi. Cette vérité-là
précède toutes les vérités particulières,
en quoi elle est universelle. Elle suppose des règles communes. Elle
nous impose aussi des obligations.
D'abord, de désavouer toutes les ségrégations. Non seulement
les ségrégations négatives, majoritaires et classiques.
Mais aussi cette forme récente et puissante de la violence idéologique
que sont les contre-ségrégations, dites par euphémisme
"discriminations positives". Réclamées par des minorités
censément opprimées, elles entérinent les discriminations
et attisent les conflits intercommunautaires. Toute ségrégation
étant par elle-même négative, répondre à la
discrimination par une discrimination inverse nous paraît une voie sans
issue. Le seul sectarisme légitime consiste à exclure, au nom
de la communauté des citoyens, tous les sectarismes communautaires, à
proportion toutefois des risques qu'ils font réellement courir aux libertés.
Loin d'être moribond, le fanatisme religieux a investi le terrain de la
culture. Il se manifeste dorénavant sous la forme du communautarisme.
Sur la base d'identités largement mythiques, plus ou moins lésées,
les particularismes les plus divers revendiquent des dérogations au droit
commun. Ils utilisent le droit à la différence pour obtenir une
différence de droits. Leurs armes sont le terrorisme intellectuel et,
parfois, le terrorisme tout court. Leur allié le plus sûr est le
conformisme bien-pensant que propagent et renforcent les incessants procès
d'intentions du relativisme culturel et du "politiquement correct".
En ce qui concerne les islamistes - une frange minoritaire mais bruyante de
l'islam - la volonté d'imposer leur uniforme idéologique dans
les classes de l'école publique s'inscrit dans une stratégie totalitaire.
Les réactions qu'elle a entraînées depuis une décennie
démontrent à l'évidence les dangers que comporte cette
exaltation d'une différence - principalement l'asservissement des femmes,
régression entre toutes irrecevable.
Le mélange des cultures est l'horizon inéluctable - et d'ailleurs
souhaitable - de toute société ouverte. Mais seule la laïcité
permettra à toutes les différences de se déployer pacifiquement
dans l'espace public. Jusqu'au moment, du moins, où l'on aura mieux à
proposer.
Yves Scheller
"Cet habit est un uniforme de controversiste, qui avertit les adversaires de se mettre sous les armes; il peut exciter une espèce de guerre civile dans les esprits ..."
Voltaire, Traité sur la Tolérance
Pour contrer le port du voile à l'école
1. Aucune coutume identitaire n'est légitime en soi
Interdire le port du voile aux élèves musulmanes, c'est leur refuser le droit de manifester publiquement leur identité. Le port du voile est une coutume respectable. L'interdire, c'est faire preuve de l'arrogance propre à l'Occident colonialiste. En l'espèce, les Occidentaux camouflent leur racisme latent derrière un principe démocratique. Intégrer, oui, assimiler, non.
Le droit de manifester publiquement
une origine identitaire ne saurait fonder une revendication communautaire. Le
droit à la différence ne légitime jamais la différence
des droits. La loi est, par définition, valable pour tous, citoyens et
résidents étrangers.
S'il est vrai que le port du voile est une coutume solidement ancrée
des deux côtés de la Méditerranée, avec autant de
variantes que de pays (musulmans et non musulmans), le type de voile qu'on cherche
à imposer à l'école est tout autre. Récent (il date
de la Révolution islamique d'Iran de 1979), il a été strictement
réglementé par les islamistes. Son caractère militant ne
fait aucun doute.
C'est porter le voile à l'école qui est un acte sexiste, c'est-à-dire
raciste, non l'interdire.
2. Accueillir les jeunes filles voilées ne favorise pas leur intégration
Interdire le port du voile aux musulmanes en âge d'être scolarisées, c'est les exclure du processus d'intégration et les empêcher d'acquérir la formation qui leur permettra de s'émanciper plus tard.
L'école a le devoir d'accueillir
les élèves sans tenir compte de leurs différences sexuelles,
nationales, sociales, culturelles ou religieuses. Elle doit uvrer à
les libérer de toute pression obscurantiste, fût-elle familiale.
L'État et l'école qui le représente doivent affirmer la
primauté de la loi commune sur tous les particularismes.
Une intégration réussie est à ce prix. Le port du voile,
uniforme militant de l'islam fondamentaliste, est en contradiction, d'une part
avec le principe constitutionnel de l'égalité de l'homme et de
la femme, d'autre part avec la laïcité, qui proscrit l'exhibition
ostentatoire à l'école de tout insigne idéologique.
Accepter le voile à l'école publique et gratuite, c'est contraindre
les élèves qui ne peuvent s'y soustraire à subir contre
leur gré un symbole politico-religieux.
3. Aucune obligation religieuse n'est légitime en soi
Interdire le port du voile, c'est rejeter un rite auquel une musulmane pieuse doit se soumettre. Ce faisant, l'autorité laïque fait preuve d'intolérance, c'est-à-dire d'intégrisme envers une religion par ailleurs méprisée par l'Occident chrétien.
Certains musulmans invoquent une
prescription coranique, d'autres une simple recommandation: les intéressés
eux-mêmes sont divisés à ce propos.
Mais là n'est pas la question.
Même s'il s'agit d'une obligation religieuse, on n'a pas à l'autoriser
si elle est contraire aux lois. Sinon, autorisons, par exemple, l'excision des
fillettes.
Quant à accuser les laïques d'intégrisme, c'est à
la fois absurde et pervers: absurde dans la mesure où être laïque,
c'est prôner le respect de toutes les croyances à condition qu'elles
ne quittent pas la sphère privée; pervers dans la mesure où
le terme, lancé par les intégristes eux-mêmes, est repris
pour alimenter la mauvaise conscience des bien-pensants. Une mauvaise conscience
dont ceux-ci se libèrent en faisant la leçon aux "extrémistes"
laïques, comme si porter le voile islamique ne renvoyait à aucun
extrémisme!
Autoriser le port du voile à l'école, c'est ouvrir la porte à d'autres revendications fondées sur une croyance: dispense du cours de natation mixte, dispense du cours de biologie lorsqu'on y aborde la sexualité ou Darwin, mise à l'index, dans le cours de littérature, d'auteurs "impies" tels que Rabelais, Voltaire ou Diderot, dispense du cours de philosophie, etc.
L'islamisme n'est pas l'islam, mais une régression politique totalitaire qui se sert de l'islam et le dénature. Condamner l'islamisme n'est pas mépriser l'islam, tout au contraire: c'est à l'image de la civilisation islamique que l'islamisme nuit le plus.
4. Le voile islamique n'est pas un insigne religieux parmi d'autres
Si l'on interdit le voile, alors pourquoi ne pas interdire également tous les autres insignes religieux? Pourquoi s'acharner contre le voile? N'est-ce pas, une fois de plus, faire preuve de racisme?
Il faut être aveugle ou de
mauvaise foi pour comparer le voile islamique à un symbole religieux
ordinaire.
Loin de constituer un insigne anodin, le voile est l'étendard d'une doctrine,
l'islamisme, qui utilise la foi à des fins politiques antidémocratiques
et discriminatoires envers les femmes.
Le voile est le seul symbole d'origine religieuse qui ait, à notre époque,
une signification aussi nettement idéologique. Aucun autre symbole religieux
n'a déclenché du reste de polémique comparable. En raison
de son caractère ostentatoire, il constitue en lui-même une manifestation
de communautarisme exclusif, de sexisme et de prosélytisme revendicateur.
La tolérance de l'institution est à la mesure de la discrétion de l'insigne: les pendentifs (croix de toutes sortes, mains de Fatma, etc.) que portent certaines de nos élèves ne sont que des bijoux parmi d'autres. En revanche, quiconque arborerait une croix voyante se verrait interdire de la porter. Le même raisonnement s'appliquerait à n'importe quel insigne religieux aussi ostentatoire, quelles qu'en soient l'origine ou la signification.
5. Le port du voile ne peut se réduire à une crise pubertaire
Il ne sert à rien de se crisper sur une crise d'adolescence passagère. A prendre au sérieux un comportement vestimentaire anodin, on pousse les intéressées à défier les adultes. Pire: on suscite des vocations. Il serait plus efficace d'ignorer le voile, comme on ignore cheveux verts, tatouages ou piercings.
C'est la collectivité qui
a qualité pour dire la signification d'un insigne, non celui ou celle
qui l'arbore. De même que la faucille et le marteau renvoient, depuis
1917, au communisme soviétique, de même le voile renvoie, depuis
1979, à l'intégrisme islamique. Admettre le voile en classe, c'est
admettre n'importe quel autre symbole politique ou religieux. Par exemple la
svastika: celui qui l'arbore pourrait prétendre qu'il ne s'agit que d'un
symbole de paix d'origine hindoue, non de la croix gammée nazie.
Cheveux verts, tatouages ou piercings ne renvoient quant à eux qu'aux
goûts de ceux qui les portent.
Nier le caractère militant du voile, c'est ouvrir un boulevard non seulement à l'islamisme politique, mais aussi à tous les fondamentalismes, qui tentent actuellement un retour en force. Souvenons-nous de l'union sacrée des clergés condamnant unanimement la Dernière Tentation du Christ, les Versets sataniques, la pub de VW détournant la Cène de Léonard, le PACS, etc.
La crise des adolescents est justement l'occasion de leur rappeler les exigences de la vie en société et la nécessité des lois communes. Tout accepter des adolescents, c'est les infantiliser.
6. Les élèves ont le même devoir de réserve que les enseignants
C'est en tant que représentante de l'État genevois que l'institutrice s'est vu refuser le droit de porter le voile à l'école. Les devoirs incombant aux enseignants ne concernent pas les élèves.
Il n'y a pas lieu de distinguer entre
les agents de l'État, qui n'auraient que des devoirs, et les élèves,
qui n'auraient que des droits. Respecter les convictions des élèves
et des parents, comme le commande l'article 6 de la loi sur l'instruction publique,
n'autorise personne à transgresser la laïcité. D'où
qu'il vienne, le mal est le même. De la paix confessionnelle, tout le
monde est responsable. Les fonctionnaires pas plus que les autres. Les adolescentes
et leurs parents pas moins.
Qu'il soit porté par une adulte ou par une adolescente, le voile ne change
pas de signification.
Chaque élève est tenu de respecter ses camarades. Beaucoup pourraient
être choqués des idées que le voile véhicule. Les
musulmanes non voilées pourraient se culpabiliser d'être ainsi
désignées comme de "mauvaises" pratiquantes.
Les musulmans réfugiés d'un pays où l'intégrisme
les menaçait pourraient à bon droit nous reprocher de les obliger
à revivre le cauchemar qu'ils ont fui.
Soit l'élève voilée
est mineure, et on a le devoir de lui inculquer le respect d'autrui, fût-ce
contre son gré ou contre la volonté des adultes qui l'influencent.
Soit l'élève voilée est majeure, et on est en droit d'exiger
d'elle un comportement responsable.
La laïcité, en interdisant à tous ceux qui fréquentent
l'école de s'y comporter en prosélytes, préserve la paix
confessionnelle. A l'extérieur de l'école, chacun pratique ou
ne pratique pas la religion comme il l'entend. Il n'est soumis qu'aux limitations
établies par la loi.
7. Il est absurde de se déclarer librement opprimé
Même si le voile est bel et bien un signe de discrimination, les femmes qui le portent, comme les adolescentes qui l'arborent à l'école, le font de leur plein gré. Interdire le port du voile à l'école, c'est limiter arbitrairement la liberté de l'individu.
Les musulmanes ont le droit de porter
le voile en ville, mais l'école est un espace institutionnel où
la laïcité prévaut: les convictions doivent s'y manifester
discrètement.
o Peut-on renoncer librement à sa liberté? Si le savoir dispensé
à l'école repose sur l'usage de la raison, on doit dire fortement
que se proclamer "librement" esclave est une contradiction dans les
termes.
8. Le voile n'est pas un conflit d'adultes dont pâtiraient d'innocentes adolescentes
Interdire le port du voile à des adolescentes souffrant déjà d'un statut d'immigrées et d'étrangères, c'est accroître leur désarroi et en faire les victimes de règlements de comptes entre adultes qui les dépassent et nuisent à leur développement personnel.
Les adolescentes qui ont dû fuir des régimes islamiques souffrent-elles moins? Avons-nous le droit de négliger celles pour qui le voile est synonyme de meurtre et de terreur? L'État laïque n'a pas à trancher entre deux souffrances: il n'a d'autre choix que la neutralité constitutionnelle.
9. Autoriser le port du voile à l'école, c'est bafouer les droits de l'homme
Interdire le port du voile, c'est contrevenir à la Déclaration universelle des droits de l'homme, dont l'article 18 précise que la liberté de conscience implique pour toute personne "la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites".
En se réclamant de la Déclaration universelle des droits de l'homme, les adeptes du voile islamique contreviennent au dernier article de la Déclaration, lequel précise: "Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un État , un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés." Or militer pour le port du voile islamique, c'est militer pour l'islam fondamentaliste, un islam bannissant toute lecture non littérale du Coran et prônant l'application de la chari'a (le droit coutumier de l'islam rédigé par ses théologiens). Faut-il enfoncer le clou? La chari'a institue la discrimination systématique de la femme, en contradiction flagrante avec les articles 1, 2, 7, 16 de la Déclaration. Comment ne pas voir que toute musulmane arborant un voile islamique accomplit de ce fait un acte "visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés [dans la Déclaration]"?
Dans le même ordre d'idées, on notera que l'islam intégriste interdit à ses fidèles, sous peine de mort, de changer de religion, alors que l'article 18 de la Déclaration garantit "le droit de changer de religion ou de conviction". L'article 18 est précisément celui invoqué par les adeptes du voile, qui "oublient" toujours d'en citer cette disposition.
François Truan et Yves Scheller
Prises de position de notre association
Révision constitutionnelle
Le préambule de la Constitution faisant référence à
un Dieu tout puissant n'a aucune raison d'être, non par esprit religieux
ou anticlérical, mais parce que la Constitution relève du droit
positif et par conséquent d'une argumentation strictement rationnelle.
Du reste, en vertu du même
principe de séparation, nous demandons l'abrogation de l'article constitutionnel
discriminatoire qui contraint les seules autorités catholiques à
soumettre au Conseil fédéral la décision d'établir
tout évêché en Suisse. Ce qui ne nous empêche nullement
de rester vigilants sur les tentatives du Vatican et d'un certain lobby religieux
de réintroduire un ordre moral et politique réactionnaire.
Nous ne confondons pas les religions avec les Églises, ni le cléricalisme
avec la foi des citoyens croyants - et libres de croire.
Liberté d'expression
Quoique nous n'ayons évidemment aucune sympathie pour les propos attribués
à R. Garaudy - et sous réserve de pouvoir en vérifier par
nous-mêmes le contenu - l'interdiction faite à des libraires de
vendre son livre Les Mythes fondateurs de la politique israélienne
nous paraît contrevenir à la liberté d'expression.
Soutien aux réfugiés
kosovars
Le comité de l'association, dans le contexte de l'opposition au renvoi
de réfugiés, kosovars et notamment d'élèves en formation,
a décidé de soutenir ces victimes du communautarisme et du mythe
identitaire. Le 8 juin, nous avons fait parvenir un communiqué à
toutes les rédactions romandes. Aucun média ne s'en est fait l'écho.
Laïcité de l'école
Notre association n'a jamais débattu de la question du voile islamique
dont l'interdiction, tant pour les enseignantes que pour les élèves,
semble aller de soi. C'est encore la condition première de toute adhésion.
En revanche, la laïcité ne nous semble pas compatible avec un monopole
d'État sur l'instruction, et l'existence d'écoles privées,
notamment confessionnelles, nous paraît conforme à la liberté,
à la condition que soient observées les règles communes
(certification d'État).
Nous nous inquiétons par ailleurs de voir se développer diverses
tentatives d'introductions sournoises de l'économie privée dans
l'école publique sponsorisation d'activités, participation intéressée
à l'équipement informatique, publicité intra-muros, etc.).
Il ne nous paraît pas inutile d'affirmer que la laïcité, c'est
aussi la séparation de l'école et de la publicité.
Sépultures juive et musulmane
En toute laïcité, rien ne s'oppose à ce que les musulmans
et les juifs, au même titre que n'importe quel autre groupe d'appartenance
convictionnelle, puissent observer les rites funéraires qui leur sont
propres, à ceci près que chaque groupe est tenu d'observer des
lois communes. Or le caractère permanent des sépultures juives
et musulmanes, qui n'a rien d'antilaïque en soi, pose un problème
pratique dans un territoire exigu comme Genève. Nous espérons
donc dans le dialogue: les concessions éternelles devront faire l'objet
de concessions mutuelles. Mais en tout état de cause, qu'on cesse d'accuser
la laïcité de toutes les intolérances. Dans ce cas, elle
se borne à rappeler la priorité des lois communes sur les lois
communautaires, au-delà de quoi elle garantit la plus grande liberté
possible pour tous et pour chacun.
Parité
Nous rejetons toute discrimination, fût-elle positive; par conséquent,
nous refusons la parité hommes-femmes au Parlement, qui viole les principes
d'égalité et d'universalité républicaine, fait du
sexe une identité, et qui, allant encore plus loin que les différentialismes
culturels, rétablit un . biologique de sinistre mémoire. C'est
par la culture que l'espèce humaine se distingue de la nature. Les femmes
sont donc des hommes,. et surtout des citoyens comme les autres. Nous ne verrions
aucun inconvénient à ce qu'elles constituent un jour une majorité,
voire la totalité du Parlement, ce que la parité, par un effet
pervers, interdirait absolument.
Pour combattre l'inégalité entre hommes et femmes et las misogynie,
nous préférons dénoncer les discriminations négatives
dont les femmes sont victimes, et qui constituent l'un des scandales majeurs
de nos sociétés.