Prises de position de l'association

L'association suisse pour la laïcité a pris position sur les thèmes suivants:

L'Accord général sur le commerce des services (AGCS)

Révision constitutionnelle

Liberté d'expression

Laïcité de l'école

Sépultures juive et musulmane

L'histoire des religions à l'école

Parité

Mariage des homosexuels

L'affaire des minarets: L'initiative de l'UDC n'est pas vraiment une bonne idée. 

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Révision constitutionnelle

Le préambule de la Constitution faisant référence à un Dieu tout puissant n'a aucune raison d'être, non par esprit religieux ou anticlérical, mais parce que la Constitution relève du droit positif et par conséquent d'une argumentation strictement rationnelle.
Du reste, en vertu du même principe de séparation, nous demandons l'abrogation de l'article constitutionnel discriminatoire qui contraint les seules autorités catholiques à soumettre au Conseil fédéral la décision d'établir tout évêché en Suisse. Ce qui ne nous empêche nullement de rester vigilants sur les tentatives du Vatican et d'un certain lobby religieux de réintroduire un ordre moral et politique réactionnaire.
Nous ne confondons pas les religions avec les Églises, ni le cléricalisme avec la foi des citoyens croyants - et libres de croire.

Liberté d'expression

Quoique nous n'ayons évidemment aucune sympathie pour les propos attribués à Roger Garaudy, mais, sous réserve de pouvoir en vérifier par nous-mêmes le contenu, l'interdiction faite à des libraires de vendre son livre Les Mythes fondateurs de la politique israélienne nous paraît contrevenir à la liberté d'expression.
Alors que Mein Kampf est en vente libre, au nom de quoi interdire aux citoyens de prendre connaissance de ce que bon leur semble? Et surtout, où allons-nous si, au nom des humiliations qu'il dit ressentir, tout groupe peut interdire les discours qui lui déplaisent? Interdire l'expression des extrémismes, c'est les renforcer.
Si l'article 261 du Code pénal aboutit au contrôle communautarien et politiquement correct de la liberté d'expression, alors il doit être modifié.

Laïcité de l'école
Notre association n'a jamais débattu de la question du voile islamique dont l'interdiction, tant pour les enseignantes que pour les élèves, semble aller de soi. C'est encore la condition première de toute adhésion.
En revanche, la laïcité ne nous semble pas compatible avec un monopole d'État sur l'instruction, et l'existence d'écoles privées, notamment confessionnelles, nous paraît conforme à la liberté, à la condition que soient observées les règles communes (certification d'État).
Nous nous inquiétons par ailleurs de voir se développer diverses tentatives d'introductions sournoises de l'économie privée dans l'école publique sponsorisation d'activités, participation intéressée à l'équipement informatique, publicité intra-muros, etc.). Il ne nous paraît pas inutile d'affirmer que la laïcité, c'est aussi la séparation de l'école et de la publicité.

Sépultures juive et musulmane

En toute laïcité, rien ne s'oppose à ce que les musulmans et les juifs, au même titre que n'importe quel autre groupe d'appartenance convictionnelle, puissent observer les rites funéraires qui leur sont propres, à ceci près que chaque groupe est tenu d'observer des lois communes. Or le caractère permanent des sépultures juives et musulmanes, qui n'a rien d'antilaïque en soi, pose un problème pratique dans un territoire exigu comme Genève. Nous espérons donc dans le dialogue: les concessions éternelles devront faire l'objet de concessions mutuelles. Mais en tout état de cause, qu'on cesse d'accuser la laïcité de toutes les intolérances. Dans ce cas, elle se borne à rappeler la priorité des lois communes sur les lois communautaires, au-delà de quoi elle garantit la plus grande liberté possible pour tous et pour chacun.

L'histoire des religions à l'école

L'histoire des religions est un domaine de la connaissance et l'enseigner dans les écoles n'a rien, en principe, d'antilaïque. Mais cela pose de nombreux problèmes pratiques en raison de programmes déjà surchargés et des restrictions budgétaires. Par ailleurs cet enseignement, moins prioritaire que d'autres (comme la critique de l'information, par exemple), est déjà assumé en partie en histoire ou en philosophie. Ensuite, il est réclamé avant tout par le lobby religieux, prompt à le restreindre à ses seuls contenus chrétiens par une forme de repli identitaire assez sensible, et très intéressé à combler ainsi la chute libre de la pratique religieuse. Enfin, la paix confessionnelle est toujours fragile, et de tels cours pourraient mener à des dérapages.


Parité

Nous rejetons toute discrimination, fût-elle positive; par conséquent, nous refusons la parité hommes-femmes au Parlement, qui viole les principes d'égalité et d'universalité républicaine, fait du sexe une identité, et qui, allant encore plus loin que les différentialismes culturels, rétablit un différentialisme biologique de sinistre mémoire. C'est par la culture que l'espèce humaine se distingue de la nature. Les femmes sont donc des hommes,. et surtout des citoyens comme les autres. Nous ne verrions aucun inconvénient à ce qu'elles constituent un jour une majorité, voire la totalité du Parlement, ce que la parité, par un effet pervers, interdirait absolument.
Pour combattre l'inégalité entre hommes et femmes et las misogynie, nous préférons dénoncer les discriminations négatives dont les femmes sont victimes, et qui constituent l'un des scandales majeurs de nos sociétés.

Mariage des homosexuels

Les homosexuels sont indéniablement discriminés. D'autre part, la citoyenneté ignore les différences, notamment sexuelles, des citoyens. Enfin, nous apprécions positivement le fait que cette minorité, à la différence de tant d'autres, revendique l'égalité plutôt que des droits différents. Inutile donc de la rejeter dans le communautarisme ou d'adopter un sous-statut spécifique genre PACS.
La plupart des arguments qu'on oppose à l'adoption par homosexuels pourraient s'appliquer aussi bien à l'adoption par hétérosexuels, aucune ne présentant par ailleurs, du point de vue de l'intérêt de l'enfant, de garanties supérieures à la parentalité biologique traditionnelle.
En conséquence, notre association recommande pour les couples homosexuels l'accès à l'union civile légale (terme que nous préférons à celui de "mariage") et à l'adoption, aux mêmes conditions que les couples hétérosexuels.
En revanche, elle n'entre pas en matière sur la question de la procréation médicale assistée.
Elle assortit sa prise de position des recommandations suivantes: le besoin de l'adopté prime les désirs de l'adoptant; ainsi que l'exigent déjà la loi et la logique, l'adoption doit bénéficier à des enfants déjà nés. La procréation par mère porteuse doit rester interdite; l'enfant doit se voir garantir la possibilité de connaître ou d'identifier ses parents biologiques.
Rappelons qu'un de nos principes est: "Ni discriminations ni privilèges"